La mondialisation est un processus où l'interdépendance entre pays est de plus en plus grande, alimentée par l'émergence d'un système mondial d'échanges commerciaux, de flux financiers transfrontaliers, de progrès en télécommunication et en technologie, et de migrations internationales. Pour les pays en développement, la mondialisation constitue en même temps une occasion d'atteindre de nouveaux marchés et de renforcer la compétitivité, mais également un défi, celui de s'adapter aux changements qui se produisent constamment dans ce nouveau contexte mondial.
Les flux financiers vers les pays en développement se présentent sous trois grandes formes : les investissements privés, les envois de fonds par les travailleurs migrants, et l'aide étrangère. Au cours des dernières décennies, la croyance populaire veut que le manque de ressources, de technologie et d'infrastructures soit la cause de la situation critique des pays pauvres. On s'attendait à ce que la mondialisation et l'aide étrangère répondent à ces besoins et engendrent un développement plus rapide. Cependant, même si l'augmentation des échanges commerciaux et des investissements ont stimulé la croissance économique dans certains pays, cette croissance est rarement durable, et tend à ne profiter qu'à une poignée d'élites.
De la même manière, malgré de très importants flux d'aide étrangère, les résultats du développement restent faibles. Tout d'abord, les motivations concernant l'aide apportée par les pays donateurs ne sont pas souvent alignées sur les priorités du développement, puisqu'elles ont tendance à être poussées par des considérations politiques et stratégiques. Deuxièmement, pour des institutions financières internationales telles que la Banque Mondiale ou le FMI, la poursuite de leurs propres opérations de prêt devient fréquemment un objectif à part entière, ce qui sape l'efficacité de ces prêts. Et enfin, les pays bénéficiaires sont confrontés à de sérieuses limitations en matière de capacité d'absorption de l'aide étrangère, ces limitations étant souvent causées par la faiblesse de leurs institutions démocratiques et économiques. Renforcer ces institutions nationales et faire en sorte que la mondialisation et l'aide étrangère fonctionnent mieux pour le développement, constitue le principal défi de notre temps.