Il y a un débat permanent dans les cercles universitaires et parmi les praticiens concernant les liens entre la gouvernance démocratique et les économies de marché. Ce débat s'est intensifié à la lumière des transitions qui se sont déroulées à la suite de la chute du mur de Berlin. Alors que l'on s'attendait à ce que toutes les sociétés adoptent rapidement une démocratie libérale et l'économie de marché, nous constatons différents résultats. Dans de nombreux cas, les progrès des pays dans la construction d'une démocratie solide et d'économies de marché fonctionnelles a été entravée par un manque de compréhension des principes clés de ces concepts.
Une forte gouvernance démocratique dépend d'institutions qui permettent à différents groupements de la société civile de prendre part à la vie publique. À l'inverse, les démocraties « électorales » faibles ont tendance à régresser vers des régimes non démocratiques, souvent alimentés par la déception de la population par rapport à l'absence à la fois d'avantages économiques pour toute la société et de réformes économiques adéquates.
La nécessité d'avoir des politiques économiques judicieuses est essentielle pour le développement, et il faut pour cela faire participer le secteur privé et la société civile au sens large au processus de gouvernance démocratique. Les réformes axées sur le marché ne réussiront que si l'on donne aux citoyens la possibilité de participer à l'élaboration des politiques. Dans de nombreux pays où sont organisées des élections et où les marchés ont été libéralisés dans une certaine mesure, la majorité de la population attend toujours de jouir des libertés démocratiques et de la croissance économique. Dans ces pays, il faut des réformes de gouvernance de grande envergure pour améliorer la qualité des démocraties et des marchés.